Les mots ne franchissent plus ses lèvres, elle a dormi tout son soûl. Secondes après secondes, elle est contrainte de veiller le cadavre de leur histoire. Un morceau de vie usé comme un bout de ficelle harcelé par le temps. Ses yeux ne pleurent plus, ses mains ne tremblent plus. Seul son coeur, l'indécent personnage, continue de battre. Elle le supplie de sonner le glas. Pourtant.
Pire que des soldats, ses souvenirs la tabassent et la manipulent. Ils sont légions, milles aiguilles qui pénètrent son âme. Pire qu'une rivale, la brûlure de sa mémoire est sans répit.
Elle voudrait partir, prendre le chemin du ciel. Elle voudrait voir s'égrenner les années, voir fâner ses espoirs. Elle voudrait qu'il ne soit pas indécis, si froid. Elle donnerait sa raison, pour reculer.
Pour l'entendre murmurer des mots d'amour encore, et encore.